Comment Groupe E est passé d’un pilotage à quelques managers à un véritable collectif capable de piloter ensemble.
Témoignage de Fabrice Granzotto, responsable IT chez Groupe E (Fribourg)
Fabrice Granzotto dirige le département IT chez Groupe E. En cinq ans, l’effectif a doublé pour atteindre une trentaine de personnes afin de soutenir l’entreprise dans sa digitalisation.
Cette croissance pose une question simple : comment structurer le fonctionnement sans alourdir la hiérarchie ?
Plutôt que d’ajouter des niveaux managériaux, ils ont choisi de s’appuyer sur des responsables d’équipe pour élargir l’équipe de pilotage. Le parcours “Une équipe performante, durablement” a permis d’outiller ces responsables, mais surtout de construire un collectif solide avec les trois managers de base, capable de piloter ensemble le département.
Donner de l’autonomie sans créer de la hiérarchie
Avec la croissance de l’équipe, de nouveaux rôles de coordination ont été confiés à des ingénieurs très compétents techniquement, mais sans forcément de formation au management.
« On ne cherchait pas une formation classique de management, on voulait plutôt des outils concrets pour faire fonctionner une équipe : collaborer, organiser le travail, prendre des décisions ensemble. »
« Le parcours Une équipe performante durablement est arrivé au bon moment. C’est exactement ce dont on avait besoin.
Ce que le parcours a révélé
Un premier point clé : rendre explicite ce qui ne l’est pas.
« On se rend compte qu’on travaille beaucoup sur l’implicite. Tant qu’on est là depuis longtemps, ça fonctionne. Mais dès qu’une nouvelle personne arrive ou que l’équipe évolue, ce n’est plus si évident. »
Le canevas d’équipe a servi de déclencheur, avec des questions simples, mais structurantes :
- Comment on prend les décisions ?
- Quelles sont nos règles de fonctionnement ?
- De quelles réunions avons-nous besoin ?
- …
Un autre point important a été la question de la confiance.
« On pensait déjà fonctionner dans un climat de confiance. Mais en travaillant dessus, on s’est rendu compte qu’il y avait un chemin pour que tout le monde se sente vraiment dans un climat de sécurité psychologique nécessaire pour améliorer la performance de l’équipe »
Les sessions ont aussi permis de créer un vrai collectif entre managers et responsables :
«Les sessions avaient lieu toutes les 3 à 4 semaines, avec un rythme qui alternait apports théoriques courts et travail sur des situations concrètes. Ce format dans la durée a permis d’ancrer les pratiques.»
« On a appris à se connaître autrement que dans le travail quotidien. Ça a vraiment renforcé le fonctionnement du management élargi, en agissant comme une forme de team building. »
Ce qui a été mis en place concrètement
Plusieurs pratiques ont été introduites directement après le parcours :
- Le canevas d’équipe
Utilisé d’abord avec le management élargi, chaque responsable l’a ensuite repris pour travailler avec son équipe. Il donne un cadre pour clarifier le fonctionnement de l’équipe. - Un travail explicite sur la communication et la confiance
Les sessions ont permis d’aborder des sujets implicites et de créer un climat où les feedbacks peuvent mieux circuler. - Des réunions plus structurées
« Les réunions sont plus efficaces. On priorise mieux les sujets et on implique davantage les bonnes personnes quand on prend des décisions. » - Plus d’autonomie pour les responsables d’équipe
Les managers ont volontairement lâché certaines tâches, notamment l’animation des réunions, pour permettre aux équipes de prendre davantage la main.
Un an plus tard, la dynamique continue
Les outils ont été repris dans différents contextes.
« Aujourd’hui, les responsables les utilisent dans leurs équipes, et parfois même avec leurs clients. »
« L’expérience du parcours a été renouvelée avec une autre équipe.»
Et l’impact sur la confiance est visible.
« Depuis le parcours, l’équipe nous fait davantage de feedback sur nos décisions. Je suis convaincu que sans ce travail, ces échanges ne seraient pas aussi fluides. C’est ça, pour moi, la zone de confiance : pouvoir se dire les choses, même quand elles sont inconfortables. »
Un accompagnement pragmatique
« Ce qui fait la différence, c’est le vécu de Laurent. On voit qu’il a été de l’autre côté, qu’il a managé des équipes. Il ne déroule pas une méthode toute faite, il l’adapte. Cette approche a clairement facilité l’adhésion de l’équipe. »
